Première semaine sans assemblée
3ème de Carême

Si vous désirez recevoir toutes les semaines l'éditorial pour le dimanche suivant,
envoyez-moi votre adresse de courriel et vous serez inscrit dans la liste de diffusion.

CoVid-19

Les églises peuvent fermer
Nos cœurs restent ouverts

  1. Semer- Moissonner
  2. Nul n'est prophète en son pays
  3. Pardon humain et rémission des péchés
  4. Je suis venu accomplir
  5. Protecteur de la Sainte Famille
  6. Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu
  7. Janus

Cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne. (Matthieu 17,21)

1
15 mars 2020
3ème dimanche de Carême

Semer – Moissonner

Exode 17,3-7 - Psaume 94 - Romains 5,1-2.5-8 - Jean 4,5-42

Cette semaine dans les paroisses Notre Dame et sainte Radegonde, des équipes de quatre à cinq personnes ont lu, médité, réfléchi et échangé sur le texte de la Samaritaine afin de se préparer pour mieux vivre la messe dominicale. Beaucoup de participants, pour ne pas dire tous, ont été surpris que l’évangéliste mette ainsi une incise sur les semailles et les moissons (vv. 35-38). Cette parabole coupe le récit après le dialogue entre Jésus et la femme au moment où celle-ci part témoigner de ce qu’elle a vu et entendu tellement pressée qu’elle oublie sa cruche.

Au retour des Apôtres, la question qu’ils se posent ce n’est pas de savoir quel était le sujet de l’échange entre Jésus et cette femme, mais ils sont surpris et s’interrogent sur le ‘pourquoi’ parle-t-il avec elle ? Repoussant leur invitation de venir manger car il doit faire la volonté du Père, Jésus leur propose cette allégorie qui semble ne pas avoir de rapport avec le contexte.

Le Christ part de leur expérience : « Ne dites-vous pas : ‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ? » (v.35) pour leur faire comprendre que, par son incarnation, Dieu-le-Fils révèle que la moisson divine est commencée. Il est temps de ramener l’humanité vers le Père ! Ceux qui ont semé ce sont tous les hérauts de l’Ancien Testament : les patriarches dépositaires de l’Alliance, Moïse qui s’entretenait face à face avec Dieu comme un ami parle à un ami (cf. Exode 33,11), les prophètes remplis de l’Esprit que Dieu a envoyés à son Peuple et tous les anonymes qui ont transmis la Parole de Dieu… Tous se réjouissent de voir le fruit de leurs semailles parvenu à maturation et enfin moissonné.

Pour éclaircir son propos, Jésus rappelle à ses Apôtres qu’il les a déjà envoyés moissonner en annonçant la proximité du Royaume de Dieu même s’ils n’étaient pas accueillis (cf. Luc 10) avec cette constatation : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Luc 10,2)

La Samaritaine a été un de ces ouvriers parce qu’elle a rencontré Jésus et elle est allé le dire poussée par l’Esprit à tous ceux qu’elle rencontrait, sans se soucier d’être reçue ou non, ressentant en elle-même ce que saint Paul décrira plus tard : « Annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1Corinthiens 9,16)

Aujourd’hui c’est à nous que le Seigneur lance cette invitation : « Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. » (Luc 10,3) Face à un matérialisme croissant et à un repli sur soi-même, il semblerait que nous ayons peu de chances d’être entendus mais ne nous décourageons pas et peut-être qu’il nous sera dit : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. » (v.42)

Père JeanPaul Bouvier

2
16 mars 2020

Nul n’est prophète en son pays

2Rois 5, 1-15a - Psaume 41 (42), 2, 3 ; 42 (43), 3, 4 - Luc 4, 24-30

Chacun d’entre nous, un jour ou l’autre, s’est appliqué à soi-même cette phrase de l’évangile devenu dicton. Mais nous la disons avec humour, pour souligner que nous affirmons une vérité qui ne peut pas être comprise par nos interlocuteurs.

Rien de tel dans la bouche de Jésus lorsqu’il dit ces mots à Nazareth, il pense à tous les prophètes d’Israël qui ont été persécutés parce ils annonçaient le message de Dieu à son peuple, un message de conversion qui n’était pas agréable à entendre.

A la lecture de ce passage, les chrétiens extrapolent cette pensée limitée aux prophètes de l’Ancien Testament ; en l’appliquant au Fils Unique du Père, nous comprenons que, dans cette affirmation, Jésus ne désigne pas seulement la petite ville de Nazareth où il a grandi avec Marie et Joseph au sein d’une famille plus étendue mais il l’élargit à tout le peuple d’Israël. Malgré les miracles qu’il a accomplis, on lui en demande encore plus.

Les exemples qu’il choisit afin d'illustrer son propos sont éloquents : la veuve de Sarepta sauvée de la famine par le prophète Elie (cf. 1Rois 17) est une étrangère au peuple de Dieu, mais elle fait confiance au prophète ; en donnant tout ce qu’elle avait pour elle et son fils dans l’immédiat, elle, son fils et le prophète pourront survivre pendant trois ans. De même le Syrien Naaman est un notable étranger guérit de sa lèpre par le prophète Elie alors qu’il y avait de nombreux lépreux en Israël.

L’extrapolation ne s’arrête pas à l’époque de Jésus ou au peuple des juifs. Aujourd’hui encore la Parole de Dieu n’est pas toujours écoutée avec l’attention qu’elle mérite dans le nouveau peuple de Dieu constitué des Baptisés. Les nombreux appels à la charité qui sont lancés par l’Eglise depuis vingt siècles restent souvent lettre morte. Depuis le premier siècle où l’évangéliste saint Jean apostrophe les croyants : « Si quelqu'un dit: "J'aime Dieu" et qu'il déteste son frère, c'est un menteur: celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas. » (1Jean 4,20) jusqu’à nos jours où le pape Benoît XVI demande « La charité dans la vérité » !

Avant de jeter l’opprobre sur ceux qui n’ont pas reconnu Jésus, à son époque ou à une autre, nous pourrions méditer la phrase que Jésus met dans l’esprit des habitants de Nazareth : « Médecin, guéris-toi toi-même ! »

Père JeanPaul Bouvier

3
17 mars 2020

Pardon humain et rémission des péchés

Daniel 3, 25.34-43 - Psaume 24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9 - Matthieu 18, 21-35

La notion de ‘pardon’ apparaît tardivement dans la rédaction de la Bible. Les textes les plus anciens incitent plutôt à la vengeance : Caïn ne se repend pas de son crime contre son frère Abel mais il craint les représailles des hommes qui le puniraient (cf. Genèse 4,12sv.) Esaü ne pardonne pas la fourberie de Jacob et cherche à le tuer (cf. Genèse 27,41sv.)

La grande fête du ‘Yum Kippour’, le ‘Grand Pardon’, est une célébration pour obtenir de Dieu le pardon des péchés, mais n’implique aucunement un appel au pardon entre humains. Aujourd’hui, les juifs pieux tentent de se réconcilier avec ceux qu’ils ont offensés ou qui les ont offensés pour se présenter à Dieu dans les meilleures dispositions possibles. Ils suivent en cela les écrits de ‘sagesse’ tardifs qui commencent à parler du pardon entre personnes en y voyant un signe du pardon des péchés par Dieu.

Saint Pierre lui-même estime faire un effort remarquable en proposant de pardonner jusqu’à sept fois (Matthieu 18,21) en espérant secrètement que le Seigneur lui dira que c’est trop, qu’une fois c’est déjà bien. La réponse de Jésus le déconcerte par sa démesure : non pas sept fois mais soixante-dix fois sept fois !

Jésus utilise une parabole pour montrer que le pardon de Dieu est toujours à notre portée : un roi à qui il est dû dix mille talents (soixante millions de pièces d’argent !) non seulement se laisse fléchir par une demande de report mais annule la dette si importante, mais il devient intransigeant lorsque ce débiteur se montre intraitable avec un homme qui ne lui doit que cent pièces d’argent.

Ainsi en est-il de nous !

Quelque soit la gravité des péchés que nous avons commis, le Seigneur nous les pardonne sans contrepartie lorsque nous nous présentons devant Lui dans le Sacrement de Réconciliation et de Pénitence ; mais en même temps nous restons rancuniers envers des personnes qui ont commis une faute (petite ou grande) contre nous… Forts de l’absolution sacramentelle nous allons communier à la messe en oubliant ce que Jésus nous a demandé : « Quand donc tu présentes ton offrande à l'autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis reviens, et alors présente ton offrande » (Matthieu 5,23-24)

Ce n’est pas la crainte de la punition divine qui doit nous pousser à pardonner à ceux qui nous ont offensés mais le désir d’agir selon la volonté du Père ; regarder les autres avec le regard du Christ, les voir comme ils sont aux yeux de Dieu et non pas comme ils me paraissent. Dans le discours après la Cène, Jésus insiste sur l’importance du commandement nouveau : « Je vous donne un commandement nouveau: vous aimer les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13,34 & 15,12)

C’est seulement en aimant comme Il nous a aimés que nous pouvons dire sincèrement comme le Christ en croix : « Père, pardonne-leur: ils ne savent ce qu'ils font. » (Luc 23,34)

Père JeanPaul Bouvier

4
18 mars 2020

Je suis venu accomplir

Deutéronome 4, 1.5-9 - Psaume 147 (147b), 12-13, 15-16, 19-20 - Matthieu 5, 17-19

Etymologiquement, le verbe ‘accomplir’ a la même racine que l’adjectif ‘complet’ ; c'est-à-dire que lors du discours sur la montagne devant ses disciples, Jésus précise qu’il n’est pas venu abolir la Loi et les prophètes mais qu’il est venu les accomplir, il explique que tout est dit, la Révélation est complète. Saint Jean en décrivant le livre situé à côté du Trône et écrit au verso et au recto signifie cette intégralité du message (cf. Apocalypse 5,1-9)

Cet éclairage est important pour les disciples de Jésus, il est transmis par le magistère de l’Eglise pendant les siècles, jusqu’à nous ! L’Ecriture doit être prise dans son ensemble comme Parole de Dieu qui s’est révélée aux hommes par l’Esprit venu du Père et du Fils tout au long de l’Histoire ; comme chrétiens, nous devons relire l’Ancien Testament à la lumière des compléments donnés par l’enseignement de Jésus à ses disciples.

A travers les ‘scribes et les pharisiens’, Jésus dénonce les personnes qui ne scrutent la Loi et les prophètes que pour y chercher attentivement de nouvelles interdictions ou de nouvelles obligations ; ils ne voient pas que la Parole de Dieu se résume en deux commandements qui n’en font qu’un seul : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit; et ton prochain comme toi-même. » (Luc 10,27) En acceptant le sacrifice de la Croix pour le Salut de tous les hommes, Jésus montre que lui-même met en pratique ce commandement et nous invite à le suivre sur ce chemin : « Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi ! » (Matthieu 10,38)

Accomplir ne veut donc pas dire ‘achevé’, ’fini’ ou ‘terminé’. Le Christ rend complète la Révélation pour que nous puissions en vivre, La mettre en pratique et L’annoncer à toute l’humanité. Depuis toujours Elle est à notre portée, dès qu’Elle a été proclamée : « Car la parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique. » (Deutéronome 30,14 ; repris par Romains 10,8)

Aujourd’hui c’est à nous de puiser dans cette Révélation intégrale sans que nous puissions l’épuiser pour nous en nourrir et la proposer à tous nos frères.

Père JeanPaul Bouvier

5
19 mars 2020
saint Joseph

Protecteur de la Sainte Famille

Samuel 7, 4-5a.12-14a.16 - Psaume 88, 2-3, 4-5, 27.29 - Romains 4, 13.16-18.22 - Matthieu (, 16.18-21.24a

Dans le silence et l’obéissance, saint Joseph accepte la mission que le Seigneur lui donne : être le chef de la Sainte Famille ; il devra protéger la Mère de Dieu pendant la grossesse et aussi tant que son divin fils ne pourra pas veiller sur elle ; il devra éduquer et veiller sur Dieu-le-Fils jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge adulte, reconnu comme un homme accompli et qu’il puisse parler dans les assemblées et y être écouté.

Avec dévouement et discrétion, cet ‘homme juste’ prend chez lui son épouse, évitant ainsi que la Vierge Marie et l’enfant qu’elle porte en son sein ne soient mis à mort par lapidation ; saint Joseph fait inscrire dans le recensement Jésus comme descendant de la maison de David, les prophéties de la venue du Messie seront réalisées ; averti par l’Esprit Saint, il emmène Jésus et Marie en Egypte et sauve l’enfant du massacre décidé par Hérode ; avec son épouse, il s’inquiète de la disparition de Jésus au Temple et il est soulagé de le retrouver sain et sauf, mais à la déclaration de Jésus : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » (Luc 2,49) il comprend que sa mission est parvenue à son achèvement, même si l’enfant leur est toujours soumis (v.51), le moment est venu qu’il disparaisse des écrits.

Si les églises de rite oriental ont toujours eu une dévotion très marquée envers saint Joseph, le rite latin a dû attendre la nouvelle rédaction du missel voulue par le pape saint Jean XXIII en 1963 pour faire figurer son nom après celui de la Vierge Marie dans le canon romain (l’actuelle prière eucharistique I). Malgré cela les prières eucharistiques issues de l’aggiornamento décidé par le Concile Vatican II n’avaient pas retenu son nom. Ce n’est que le 1er mai 2013 (fête de saint Joseph artisan) sous le pontificat du pape François mais préparé par le pape Benoît XVI que le décret est publié par la Congrégation du Culte Divin.

Joseph, l’homme juste, a su protéger l’humanité de Dieu-le-Fils incarné. Jésus a dit : « Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (Matthieu 12,50). La Sainte Famille s’est agrandie mais Joseph, le saint, continue à veiller sur elle, après le corps humain, il intercède pour le Corps Mystique, l’Eglise et présente nos prières à Celui qui était appelé ‘le fils du charpentier’ (Matthieu 13,55).

Saint Marie, Mère de Dieu.............................. priez pour nous
Saint Joseph, chaste époux........................... priez pour nous

Père JeanPaul Bouvier

6
20 mars 2020

Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu

Osée(14, 2-10 - Psaume 80 (81), 6c-8a, 8bc-9, 10-11ab, 14.17 - Marc 12, 28b- 34

Cette phrase, que Jésus cite, commence le décalogue dans le livre de l'Exode, c'est le premier commandement dans la tradition juive.

Pour nous Chrétiens, membres du nouvel Israël, il est important de nous rappeler cette affirmation : "Ecoute Israël". En effet, Dieu aurait pu donner à Moïse tous les commandements qu'il voulait, si le Peuple n'avait pas écouté, cela n'aurait servi à rien. Pour recevoir les commandements, le croyant doit d'abord ouvrir son cœur à la Parole de Dieu.

Lorsque nous avons appris les commandements de Dieu, nous n'avons pas beaucoup insisté sur cette notion d'écoute : nous avons retenu les obligations et les interdictions, mais nous oublions cet aspect essentiel Dieu nous parle. Il s'adresse à nous comme à des êtres intelligents, capables de réfléchir et de savoir faire des choix.

Le Scribe qui pose la question à Jésus semble lui faire passer un examen : Est-ce que ce Rabbi enseigne la véritable foi d'Israël ou bien est-il un de ces illuminés qui dénature le message. A la réponse de Jésus, citant le décalogue et l'amour du prochain, le scribe semble satisfait : "Fort bien" dit-il. Il complète ce que Jésus a dit, comme un examinateur, comme une réponse apprise par cœur.

Jésus, à son tour, retourne la question, en soulignant que le scribe a fait une remarque judicieuse et qu'il n'est pas loin du Royaume de Dieu. Les assistants de cet échange constatent que Jésus a changé de registre, et ils n'osent plus l'interroger.

Quelle leçon pour nous aujourd'hui ? La même qu'à l'époque ! Nous sommes sans doute très savants en théorie, mais qu'en est-il au niveau de la pratique? Nous ne sommes pas loin du Royaume de Dieu, la porte est ouverte et pourtant nous n'y entrons pas.

"Ecoute Israël", Ecoute peuple de Dieu, ouvre ton cœur à la Parole. Souviens-toi du Psaume 118,105.112 :

  • 105 Ta parole est la lumière de mes pas,
  • La lampe de ma route.
  • 112 Mon cœur incline à pratiquer tes commandements :
  • C'est à jamais ma récompense.

Père JeanPaul Bouvier

7
21 mars 2020

Janus

Osée (6, 1-6 -- Psaume 50 (51), 3-4, 18-19, 20-21ab - Luc 18, 9-14

Tout le monde connaît ces représentations mythologiques du dieu à deux visages, l’un tourné vers l’arrière, le passé, l’autre tourné vers l’avant, l’avenir. Ils symbolisent également les passages : de l’intérieur à l’extérieur de la ville ou de la maison, de la paix à la guerre, du monde des hommes à celui des dieux.

Ainsi en est-il de la parabole du Pharisien et du Publicain qui est proposée en ce dimanche, ces deux personnages qui peuvent nous paraître totalement opposés ne sont en fait que les deux facettes de l’humanité. Tout homme ou toute femme passe alternativement du Pharisien qui n’a pas ‘besoin’ de devenir juste au Publicain qui met sa confiance dans l’amour du Père et dans l’intercession du Fils.

Jésus déplore que le monologue du Pharisien ne soit qu’étalage de ses ‘bonnes actions’ sans faire le point sur sa vie de relation avec Dieu : il ne fait qu’obéir à la Loi sans états d’âme, il pense avoir accompli tout ce qu’il doit faire pour être un ‘bon’ croyant, mais il n’attend pas d’autre réponse que l’estime de ses contemporains et parallèlement il méprise celui qui n’agit pas comme lui. En d’autres termes, il démontre à Dieu combien il a de mérite à être juste.

Le Publicain ne se réfugie pas dans la Loi ; il aurait pu se contenter de donner le sacrifice qui est prescrit pour les péchés et de s’en aller conscient d’avoir fait ce qui devait être fait, sûr d’être pardonné. Au contraire, il se tourne vers Celui qui a donné la Loi ; peut-être a-t-il dans l’esprit le prophète Osée : « Car c'est l'amour qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes. » (Osée 6,6) ou le Psaume 50 : « Car tu ne prends aucun plaisir au sacrifice; un holocauste, tu n'en veux pas. Le sacrifice à Dieu, c'est un esprit brisé; d'un cœur brisé, broyé, Dieu, tu n'as point de mépris. » (Psaume 50,17-18)

Toutes nos actions ne sont pas porteuses de péchés mais aucune n’est parfaitement dans l’esprit de l’Evangile. Nous avons donc besoin de ces deux passages : savoir apprécier le bien que nous faisons, sans forfanterie mais à sa juste valeur, et également reconnaître avec humilité que, dans le même temps, nous sommes des pécheurs pardonnés et sauvés par le Sacrifice du Fils.

Notre vie spirituelle oscille continuellement de la louange, l’action de grâce et la prière de remerciement à la prière de supplication et de contrition. Cette parabole nous demande d’éviter de tomber dans la vantardise, suivant le conseil que Jésus donne à ses Apôtres : « Ainsi de vous; lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites: Nous sommes de simples serviteurs; nous avons fait ce que nous devions faire." » (Luc 17,10)

Père JeanPaul Bouvier

suite...


Index


papes


Conciles


Prières


Saints


liens


JP Bouvier



éditoriaux


Ministères


Réactions