Hypocrisie
Lorsque Jésus reprend les pharisiens sur leur remarque concernant les
Apôtres qui ne se sont pas lavés les mains avant de manger, il ne justifie
pas l’acte de ses disciples, il met simplement en exergue le fait que
ces personnes soulignent un fait relativement anodin plutôt que de se
concentrer sur la Parole qu’il leur donne ; leur légalisme l’emporte
sur l’essentiel.
Dans le seul but de ne pas enfreindre la Loi, les pharisiens l’avaient
enfermée dans un réseau complexe de préceptes et d’obligations, mais en
faisant cela ils perdaient de vue l’importance de la conscience et du
discernement : « ce ne sont pas les auditeurs de la Loi qui
sont justes devant Dieu, mais les observateurs de la Loi qui seront justifiés. »
(Romains 2,13) Il y donc une grande différence entre entendre la Loi et
l’appliquer dans sa vie courante.
Le piège du légalisme a survécu, les chrétiens n’ont pas toujours su
l’éviter et, à travers les âges, les Conciles, œcuméniques ou locaux,
ont rappelé que la Loi est faite pour l’homme et non le contraire. De
nos jours encore, il est plus facile de juger son prochain suivant une
loi désincarnée et péremptoire plutôt que de l’aimer tel qu’il est pour
le faire progresser sur le chemin qui mène à Dieu.
Ce passage d’évangile doit nous faire faire un retour sur nous-mêmes
pour un examen de conscience qui permettra éradiquer le côté ‘pharisien’
qui sommeille en nous ; il nous appelle également à regarder nos
prochains avec le regard du Christ qui est plein de grâce et de pardon
mais qui invite à une conversion totale : « Jésus le regarda
et dit : "Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t'appelleras
Céphas" » (Jean 1,42) Devenus des christs par l’onction
de notre Baptême, efforçons-nous d’avoir la même attitude !
Certains gestes – ou absence de geste – de dévotion peuvent nous surprendre,
voire nous choquer, mais la réponse que Jésus fait aux pharisiens nous
invite à la justification de nos propres gestes (ou absence) Sont-ce des
gestes automatiques ‘parce qu’on l’a toujours fait’ ou un comportement
qui rapproche de Dieu ?
Après l’écoute attentive de ce passage de l’évangile de saint Marc, chaque
chrétien doit s’imprégner de la phrase de Jésus : « C’est
du cœur de l’homme que sortent les pensées perverses. »
Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
|